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10 conseils pour les suppléants

Publié le 8/19/2019 2:45:58 PM par Claudia de Cassioprof


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Des fois, en tant que suppléant, tu vas sentir que tu arrives dans une classe comme un tout petit cheveu sur la soupe : un dérangement de la routine subtil et tout en douceur. D’autres fois, tu vas sentir que tu es tombé dans le bol de soupe au complet, que le bol a éclaté en morceaux et que tu t’es coupé en essayant de ramasser. Et dans ces moments, j’ai le goût de te faire un gros câlin et de te dire : « Ça arrive, tu es une personne merveilleuse et tu fais un travail exceptionnel! »

Évidemment, tu peux adopter des habitudes pour t’aider à passer de belles journées avec ces élèves temporaires qui marqueront certainement ta carrière d’enseignant, Voici donc quelques conseils que j’ai testés durant les (très nombreuses) suppléances à mon actif.

1. L’appel : clair et concis  

Ça y est! Tu reçois l’appel qui déterminera ton futur (quoi, ta journée fait partie de ton futur!). Quand c’est la secrétaire de l’école qui communique avec toi, je te conseille de limiter tes questions à l’essentiel ; heure d’entrée des élèves, le nombre de minutes et s’il y a une surveillance à l’entrée du matin. Les secrétaires (alias nos meilleures amies!) ont tellement de travail qu’elles n’ont pas le temps de nous parler de la couleur des yeux des élèves. Comme le disent bien nos voisins anglophones : « Straight to the point! »

2. L’arrivée : premier contact à l’école

Dès que tu arrives à l’école, tu dois absolument passer par le bureau de ta meilleure amie (se référer au point précédent). Si tu ne prends pas ces quelques précieuses secondes pour montrer à la secrétaire les éblouissants résultats des traitements d’orthodontie que tu as reçus au secondaire, crois-moi que tu vas créer une hécatombe digne d’une guerre nucléaire. C’est un peu comme donner ta présence.

3. Les enseignants autour, dérange-les!

Écoute, si tu penses que tu déranges les autres enseignants en leur posant tes questions sur le fonctionnement de l’école, détrompe-toi! D’abord, tu leur prouves que tu es une personne professionnelle qui a à cœur le déroulement harmonieux de la journée (en plus, ils voudront te rappeler!). Ensuite, en leur posant tes quelques questions, tu peux éviter bien des situations désagréables où tu voudrais t’enfouir la tête dans le sol comme une aucruche (oups! autruche*) pour te cacher. Un jour, tu penseras à moi quand tu aurais dû faire une surveillance à la porte 7, mais que tu auras pris 7 minutes seulement pour la trouver, la fameuse porte 7, et que pendant ce temps, 7 personnes te chercheront en panique parce que tu n’es pas à ton poste. Le 7 chanceux, qu’ils disent! Alors ne fais pas la cruche, demande donc à l’enseignant dans la classe voisine ; tu éviteras bien des malentendus!

4. Premier contact avec les élèves : à la porte

Tu te souviens de la parade de mode que tu as fait dans le bureau de la secrétaire pour montrer ton beau sourire en début de journée? Les élèves aussi méritent de voir les 32 joyaux que tu as dans la bouche (ou 28 si tu n’as plus ta sagesse). C’est le premier contact que tu as avec les élèves, rend le positif dès le départ en les accueillant directement à la porte de la classe (sauf si tu as une surveillance, n’oublie surtout pas la surveillance! #autruche).

5. Les règles de conduite, dès le départ!

À un certain moment, tu te dis sûrement « les élèves connaissent les règlements, ce sont toujours les mêmes depuis qu’ils sont à l’école... je n’ai pas besoin de les redire seulement pour la journée que je passe avec eux. » Non, juste… N.O.N! En ce qui concerne les comportements attendus, les élèves ont parfois une mémoire de plancton (pire que des poissons rouges!). Sois clair, énumère brièvement tes règles et sois plus exigeant en début de journée. Quand tu verras que les élèves comprennent ta fermeté, tu pourras alors en permettre un peu plus (mais pas trop!). Tu peux aussi leur mentionner que tu laisseras un compte-rendu de la journée à leur enseignant régulier pour lui dire à quel point ses élèves sont merveilleux (#visualisation)!

6. Les systèmes d’émulation 

Le système d’émulation c’est comme le « nanane » que tu remets aux élèves pour les remercier de ne pas avoir terminé la journée en boule par terre en dessous du bureau de l’enseignant en position fœtale! Certains suppléants utilisent les systèmes d’émulation déjà en place dans la classe, d’autres préfèrent apporter le leur en classe. Il en existe une tonne (minimum) alors n’hésite pas à en utiliser un avec lequel tu te sens confortable. Personnellement, j’aimais beaucoup apporter un album jeunesse spécial ou encore des devinettes. D’autres aiment laisser du temps libre en fin de journée ou encore faire des tirages. Et toi, qu’est-ce qui correspond le plus à ta personnalité?

7. Les temps morts

On m’a un jour dit une phrase remplie de sagesse : « Si tu ne t’occupes pas des enfants, ils vont s’occuper de toi! » Amen! Les temps morts et les transitions peuvent devenir tes pires ennemis, surtout en suppléance puisque tu ne connais pas les cocos susceptibles de se désorganiser. Alors de grâce, occupe les! La fameuse ligne de 386 792 élèves qui attendent pour se faire corriger, je te la déconseille f.o.r.t.e.m.e.n.t! Place une feuille à côté de toi pour que les élèves viennent écrire leur nom quand ils sont prêts à se faire corriger. Tu pourras appeler un élève à la fois. Tu peux aussi choisir de circuler dans la classe ; tu as une vue irréprochable sur la classe, digne du sommet de la tour Eiffel! Pendant ce temps d’attente, les autres élèves sont donc à leur place à faire du travail personnel alors que tu peux te concentrer sur ta correction! C’est beau la vie!

8. Les élèves coquins

Qu’on se le dise d’emblée, en suppléance, certains élèves vont essayer…fort… à plusieurs reprises… de te déstabiliser! Tuer une mouche avec un bazooka, ils sont maitre dans l’art! Encore une fois, tu peux utiliser ton système d’émulation et rappeler la règle enfreinte. Sinon, essaie le plus possible de faire des interventions individuelles. Notre coquin chasseur de mouches n’aura alors pas l’attention du reste du groupe, ce qui atténue bien souvent ses réactions. Tu pourrais aussi communiquer des situations inacceptables dans l’agenda de l’élève ; tu es un enseignant professionnel qui se doit de communiquer les faits avec les intervenants concernés et les parents. Toutefois, pour ce dernier point, tu pourrais demander l’avis d’un collègue pendant le diner ou la récréation puisque certains enseignants et certaines écoles ont des échelles d’intervention avant de se rendre à ce niveau.

9. Le compte-rendu de fin de journée 

L’enseignant que tu remplaces a pris le temps (malgré la broue dans le toupet, le bordel de la classe et les millions de corrections à faire) de te laisser une planification pour que tu saches quel travail faire avec les élèves. C’est donc la moindre des choses que tu lui renvoies la pareille en lui faisant un court compte-rendu. Certains utilisent une simple feuille lignée alors que d’autres préfèrent des canevas stylisés. J’ai personnellement eu souvent des commentaires positifs concernant la dernière option, mais libre à toi de choisir la méthode qui te convient le mieux. Indique notamment le travail effectué, les élèves absents, les messages reçus et donnés, tes coordonnées (ou ta carte professionnelle) ainsi que les interventions réalisées (s’il y a lieu). Ah et sois honnête. On finit tou-jours par savoir la vérité (même si ça n’a pas été aussi bien qu’espéré).

10. Relaxe et aie du plaisir!

Ça te fait probablement beaucoup d’informations à assimiler d’un coup. Ce que tu dois retenir, ce qui est le plus important selon moi : fais toi confiance! Respire un bon coup (ok, 578 493 coups!) et reste calme en tout temps. La journée va passer aussi rapidement qu’un clin d’œil! ;) Ah et au fait, si tu es complètement brûlé(e) à 20h après une journée de remplacement, c’est tout à fait normal! Repose-toi, ça recommence demain!